Avant de tracer un carré

2024, Avant de tracer un carré, Verticale, Laval, Canada

For Avant de tracer un carré, Natacha Clitandre explored the surroundings of “Carré Laval” in small groups—a site where the abundant wild vegetation that grows there evokes the agricultural character of Île Jésus. For the artist, this relatively small ecosystem symbolizes the various phases of Laval’s urban development. Traces of its agricultural potential and the scars of its industrial past remain there, while the city’s political ambitions to make it more attractive are projected onto the site.

Over the past five decades, the Laval metropolitan area has expanded through commercial and residential development projects, without being guided by the parameters of a master plan. A new urban planning code was adopted in 2022, the first since the 1970s. Among the urban revitalization projects planned by the city is Carré Laval[1], a former open-pit quarry located at the intersection of St-Martin Boulevard and Highway 15.

Accompanied by residents of Laval and a horticulturist/arborist, the artist explored a site that, for now, is home to an impressive biodiversity. Through collecting specimens, photography, and drawing, the participants documented the plants, trees, insects, birds, and mammals they observed and shared memories associated with them. This documentation was then reproduced by the artist using PLA and PHA, bioplastics used in 3D printing. The artifacts were placed inside a PLA box, padded with a layer of vegan insulation made from Quebec milkweed. The artist chose these materials with full awareness of the ongoing ecological collapse and the need to rethink the extractivism to which artistic production contributes.

Now buried in Laval, the degradation of this time capsule is anticipated, just like that of the species it represents… Hence the importance of cultivating the memories associated with them and ensuring that humans, attuned to these embodiments of life, help preserve their diversity.
 
1: “Carré Laval: a carbon-neutral innovation hub on a human scale […] a residential area featuring a large urban park and a lake, as well as a world-class innovation zone including research centers, offices, shops, and tourist attractions. Laval residents will find a diverse, people-friendly living environment where they can live, work, and enjoy themselves seven days a week, summer and winter alike.” City of Laval, accessed February 12, 2024.

Carnets d'expériences, S4E2 [French]

Production: Verticale

Collaboration: Cœur d’épinette, Stéphanie Lagueux

Avec Avant de tracer un carré, Natacha Clitandre a parcouru en petits groupes les abords du «Carré Laval», un site où sont perceptibles – par l’abondante végétation spontanée qui y croît – des évocations du caractère agricole de l’Île Jésus. Pour l’artiste, cet écosystème relativement restreint symbolise les différentes phases de développement urbanistiques de Laval. Des traces de son potentiel agraire et la cicatrice de sa période industrielle y persistent, tandis que s’y projettent les ambitions politiques de rendre la ville attractive.

Au cours des cinq dernières décennies, l’agglomération lavalloise a progressé au gré des projets de lotissements commerciaux et immobiliers, sans être régie par les balises d’un plan d’urbanisme. Un nouveau code d’urbanisme a été adopté en 2022, le premier depuis les années 1970. Parmi les projets de revitalisation urbanistique prévus par la Ville se trouve le Carré Laval[1], une ancienne carrière à ciel ouvert située au croisement du boulevard St-Martin et de l’autoroute 15.

Accompagnée de Lavallois·es et d'une horticultrice/arboricultrice, Natacha Clitandre a parcouru un site qui, pour l’heure, abrite une résiliente biodiversité. Par la cueillette, la photo et le dessin, les participant·es ont documenté les plantes, arbres, insectes, oiseaux ou mammifères observés et partagé des souvenirs qui leur sont associés. Cette documentation a ensuite été reproduite par l’artiste en PLA et PHA, des bioplastiques utilisés en impression 3D. Les artefacts ont été intégrés à un coffret de PLA, matelassé par une couche d’isolant végétalien à base d’asclépiade du Québec. L’artiste a choisi ces matières en toute conscience de l’effondrement en cours et de la nécessité de repenser l’extractivisme auquel la production artistique contribue.

Maintenant enfouie à Laval, la dégradation de cette capsule temporelle est anticipée, tout comme celle des espèces qu’elle représente… D’où l’importance de cultiver les souvenirs qui leur sont liés et que les humains, sensibles à ces incarnations du vivant, contribuent à en préserver la diversité.
 
1: «Carré Laval : une cité de l’innovation carboneutre à échelle humaine […] un lieu habité comportant un grand parc urbain et un lac ainsi qu’une zone d’innovation de calibre international incluant des centres de recherche, des bureaux, des commerces et des attraits touristiques. Les Lavallois·es y retrouveront un milieu de vie diversifié à échelle humaine où vivre, travailler et se divertir 7 jours sur 7, été comme hiver». Ville de Laval, page consultée le 12 février 2024.

Carnets d'expériences, S4E2

Production : Verticale

Collaboration : Cœur d’épinette, Stéphanie Lagueux

Photos: Alexis Bellavance, Natacha Clitandre, Stéphanie Lagueux